
Vous vous imaginez allongé, les yeux fermés, totalement absent ? C’est le malentendu le plus tenace que je rencontre en cabinet. La réalité est bien différente. Pendant une séance d’hypnose ericksonienne, vous entendez tout, vous pensez, vous pouvez même vous gratter le nez si ça vous démange. La conscience hypnotique n’est pas une extinction de votre esprit — c’est une focalisation intense, comme quand vous êtes absorbé par un film captivant. Vous êtes là, simplement ailleurs en même temps.
Ce qu’il faut retenir sur votre conscience pendant l’hypnose :
- Vous restez éveillé et conscient pendant toute la séance
- Vous gardez votre libre arbitre et pouvez refuser toute suggestion
- Vous vous souviendrez généralement de l’intégralité de l’expérience
- La transe est un état naturel que vous vivez déjà au quotidien
Dans cet article
Non, vous ne dormez pas : ce que vous vivez vraiment pendant l’hypnose
Affirmation : L’hypnose provoque une perte de conscience similaire au sommeil
Réalité : Selon la publication académique de Bioy (2024), l’hypnose n’est « ni sommeil ni éveil, mais un état de conscience modifié, une transe ». Votre cerveau reste actif, simplement orienté différemment.
Ce que je constate systématiquement chez les personnes que j’accompagne : la surprise. Elles s’attendaient à une sorte de black-out. Au lieu de ça, elles décrivent une sensation de flottement agréable où les pensées passent sans s’accrocher. C’est léger.

L’Inserm décrit cet état comme « à mi-chemin entre l’éveil et le sommeil ». Concrètement, c’est cette zone où vous êtes suffisamment détendu pour lâcher le mental analytique, mais suffisamment présent pour entendre ma voix et y répondre intérieurement. Ça ressemble à ces moments où vous conduisez sur autoroute et arrivez à destination sans souvenir précis du trajet — sauf que là, vous vous en souvenez parfaitement.
Bon à savoir : Selon les recommandations de l’Institut Français d’Hypnose, sans stimulation extérieure, une personne revient spontanément à un état de conscience ordinaire après 10 à 15 minutes. Impossible de « rester coincé » en transe.
L’erreur la plus fréquente que je rencontre ? Confondre l’hypnose de spectacle avec l’hypnose thérapeutique. Les shows télévisés créent l’illusion de personnes « contrôlées ». Soyons clairs : ce sont des mises en scène avec des volontaires sélectionnés pour leur suggestibilité et leur envie de jouer le jeu. Rien à voir avec une séance en cabinet où personne ne vous demandera de faire le poulet.
Votre conscience reste aux commandes : comment ça fonctionne concrètement

La peur de « perdre le contrôle » revient dans huit consultations sur dix. Je comprends. Mais voici ce que l’étude 2025 de l’UNITH confirme : « Le patient sous hypnose maintient en permanence sa capacité de jugement et peut refuser toute suggestion qui heurterait ses valeurs ou ses convictions profondes. » Les zones cérébrales du contrôle exécutif restent actives. Vous n’êtes pas une marionnette.
Ce que Sophie a vécu lors de sa première séance
J’ai accompagné Sophie, 38 ans, cadre dans la communication, venue pour une problématique de stress professionnel. Elle était terrifiée à l’idée de « révéler des secrets » ou de « perdre pied ». Pendant l’induction, elle m’a interrompue trois fois pour poser des questions — et c’était parfait. Elle testait inconsciemment sa capacité à reprendre la main. À la fin de la séance, sa phrase exacte : « Je n’ai jamais été aussi présente à moi-même. » Ce constat est limité à ma pratique en région parisienne et peut varier selon le parcours de chacun.
En pratique, votre état de conscience en hypnose fonctionne comme une attention à double foyer. Une partie de vous écoute mes suggestions, une autre observe ce qui se passe. Certains de mes clients décrivent un « moi qui regarde l’autre moi ». Cette dissociation légère est normale — et rassurante. Si une suggestion vous déplaît, vous haussez mentalement les épaules et passez à autre chose. Des praticiens comme Françoise LEFEUVRE accompagnent leurs clients avec cette même approche respectueuse du rythme individuel.
Pour approfondir cette approche douce en hypnose ericksonienne, Milton Erickson a développé des techniques où le thérapeute propose plutôt qu’impose. Vous restez auteur de votre expérience.
Les différents niveaux de transe : de la détente légère à l’immersion profonde
Chaque personne vit l’hypnose différemment. Franchement, ça m’agace quand des articles promettent une « transe profonde garantie ». La profondeur de transe dépend de votre réceptivité du moment, de votre fatigue, de votre niveau de confiance. Et c’est très bien ainsi — une transe légère suffit amplement pour un travail thérapeutique efficace.
Ce récapitulatif présente les trois niveaux couramment observés. Chaque colonne décrit les sensations associées et le type de travail possible. Utilisez-le comme repère, pas comme norme rigide :
| Niveau | Sensations typiques | État de conscience | Travail possible |
|---|---|---|---|
| Transe légère | Relaxation musculaire, respiration ralentie | Pleinement conscient, dialogue interne actif | Relaxation, ancrage de ressources |
| Transe moyenne | Lourdeur des membres, perception modifiée du temps | Conscience focalisée, pensées flottantes | Travail sur les comportements, visualisation |
| Transe profonde | Sensation de flottement, détachement corporel | Conscience élargie, observation détachée | Travail symbolique, accès aux ressources profondes |
Dans ma pratique, j’observe que la majorité des personnes oscillent entre transe légère et moyenne. La transe profonde n’est ni un objectif ni un critère de réussite. Ce qui compte, c’est ce que vous faites de cet état — pas sa profondeur mesurable.
10 à 15 minutes
Délai de retour spontané à un état de conscience ordinaire sans stimulation
Vos questions sur la conscience en hypnose ericksonienne
Est-ce que je risque de dire des secrets contre ma volonté ?
Non. Votre filtre moral reste actif en permanence. Les zones cérébrales du jugement ne s’éteignent pas. Si une question vous met mal à l’aise, vous pouvez simplement ne pas y répondre — comme dans une conversation normale. Je n’ai jamais eu de client me révélant quoi que ce soit qu’il ne souhaitait pas partager consciemment.
Et si je ne me réveille pas ?
C’est physiologiquement impossible. L’état hypnotique n’est pas un coma — c’est une focalisation attentionnelle. Même si le thérapeute quittait la pièce (ce qui n’arrive pas), vous reviendriez naturellement à un état ordinaire en quelques minutes, comme après une sieste.
Vais-je me souvenir de la séance ?
Dans la grande majorité des cas, oui. Les retours de mes clients montrent un souvenir clair de l’expérience, souvent avec une perception modifiée du temps (« ça m’a semblé durer 20 minutes alors qu’une heure s’est écoulée »). L’amnésie post-hypnotique spontanée est rare et concerne généralement les transes très profondes.
Et si l’hypnose ne fonctionne pas sur moi ?
L’hypnose fonctionne sur tout le monde — mais pas de la même manière. Certaines personnes entrent rapidement en transe profonde, d’autres restent en transe légère. Les deux permettent un travail thérapeutique efficace. La vraie question n’est pas « suis-je hypnotisable ? » mais « suis-je prêt à me laisser guider ? »
Le mot de la fin : L’hypnose ericksonienne n’est pas une perte de contrôle — c’est un gain de connexion avec vous-même. Votre conscience ne s’éteint pas, elle s’élargit. Et si vous ne devez retenir qu’une chose : pendant toute la séance, c’est vous qui tenez la barre.
Plutôt que de rester dans l’hésitation, posez-vous cette question : qu’est-ce qui vous empêche vraiment de franchir le pas ?
Ce que l’hypnose ericksonienne ne remplace pas
- L’hypnose ericksonienne est une pratique complémentaire qui ne remplace pas un suivi médical ou psychologique
- Les résultats varient selon les personnes et le contexte de la demande
- Certaines pathologies nécessitent un avis médical préalable avant toute séance
Consultez votre médecin traitant ou psychologue pour les problématiques relevant du domaine médical.